L'inacceptable hausse de la TVA pour l'industrie du livre

Clément Solym - 19.12.2011

Tribune - gouvernement - Assemblée nationale - Sénat


Serge Guérin, président du MOTif, l'Observatoire du livre en Île-de-France, vient de faire parvenir deux lettres, adressées à la sénatrice Nicole Bricq, rapporteure générale du Budget et au député Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances. Un appel pour sensibiliser les deux Chambres aux problèmatiques que va rencontrer l'industrie du livre sur la hausse de la TVA. 

 

Nous retranscrivons son texte en intégralité.

 

 

 

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,

 

Je tiens à attirer votre attention, alors qu'une Commission Mixte Paritaire se tiendra prochainement, sur la question de la TVA appliquée au livre. Cette TVA, historiquement fixée à 5,5 %, risque de passer à 7 %. Vous le savez, bien évidemment, ce nouveau taux voulu par le gouvernement, voté par l'Assemblée nationale, a été rejeté par le Sénat. 


Les premières victimes d'un passage de la TVA à 7 % pour le livre seront les librairies indépendantes. Si cette hausse ne représente qu'environ trente centimes d'euros par livre grand format, elle risque d'avoir un impact psychologique non négligeable sur le consommateur qui pourrait réduire ses achats de livre.


Or, déjà, le prix moyen du panier de librairies est en baisse et le livre, qui était une valeur refuge, connaît depuis 2011 une baisse de ses ventes. Ainsi, le résultat net des librairies s'est établi, en 2010, à 0,3 % alors qu'il était de 1,5 % en 2005. Cette situation frappe en premier lieu les librairies indépendantes qui dépendent le plus souvent du seul livre, contrairement aux grandes surfaces culturelles. 


En outre, une hausse de la TVA risque de mettre les libraires devant des difficultés insurmontables dans leur tâche quotidienne. Comment pourraient-ils, demain, si aucune solution n'est trouvée, gérer deux taux de TVA dans un même magasin et sur un même produit, entre les livres achetés à 5,5 % et ceux achetés à 7 ?


On imagine sans peine le casse-tête, si la hausse est reportée sur le consommateur, pour expliquer au client la différence entre le prix imprimé sur la couverture du livre et le prix demandé en caisse. Une mission a été initiée par le gouvernement pour trouver des solutions à ces problèmes. En quelque sorte, c'est un peu comme diligenter les pompiers quand on a allumé l'incendie.


En vérité, la solution la plus simple, la solution de bon sens, la solution juste est de renoncer à cette hausse de TVA pour le livre.



Et d'interpeller chacun, en espérant qu'ils mettront, à n'en point douter « tout en œuvre pour convaincre vos collègues et le gouvernement de retirer cette hausse inacceptable ».